AM2, Arctic Mediterranean Mercury, 2017

 

En septembre, des chercheurs du laboratoire M I O et l’association EXPE2M en partenariat avec AXA vous proposent l’expédition Arctic Mediterranean Mercury le long du littoral provençal pour explorer et comprendre l’océan.

Cette expédition a différents objectifs et se propose de répondre à certaines questions telles que :
– Quels sont les enjeux des écosystèmes marins ?
– Mieux comprendre la pollution invisible, comment affecte-elle la vie dans les océans ? Y-a-t’il un risque pour notre société et notre santé ?

Cette expédition sera orientée sur les recherches actuelles menées sur le mercure, un élément qui soulève beaucoup de questions à l’heure actuelle. Cela permettra également de faire connaître le milieu marin à différents publics et comprendre les enjeux du littoral méditerranéen.
Cette navigation a pour but de diffuser des connaissances sur la recherche scientifique en milieu marin, sur l’Arctique et la Méditerranée, sensibiliser différents publics ainsi que les acteurs du littoral sur le problème du mercure. Il y aura également des pistes de réflexion ouvertes sur comment diminuer notre impact sur la mer au quotidien et favoriser les produits issus de la petite pêche artisanale. Durant l’expédition, des échantillons côtiers seront prélevés pour étudier le transfert de contaminants dans la chaine alimentaire.


Déroulé de l’expédition

Dimanche 10 au lundi 11 septembre : escale aux Embiez, conférence et exposition à la salle de l’Institut Océanographique (Aquarium) à 14h.

Du lundi 11 septembre au jeudi 14 septembre, escale à Porquerolles. Le mardi après-midi nous rencontrerons les enfants de l’école de Porquerolles, avec au programme des animations scientifiques, une conférence, une exposition de photos sur l’expédition en Arctique, un dosage du mercure dans les cheveux, la visite du bateau.
Ensuite, mardi soir :
20h30-21h10 sur l’esplanade de la Maison du Parc : projection photo sur un écran géant, commentaire du chercheur Lars-Eric Heimbürger sur ses missions et ses photos.
21h10-21h30 film sur les missions de recherche sur le mercure en Arctique.
Questions-Débat sur les recherches océanologiques et sur les pollutions invisibles.
Le mercredi après-midi vous pourrez nous retrouver de 14h30 à 16h pour la conférence, l’exposition photo et l’analyse du taux de mercure dans les cheveux à la Maison du Parc de Porquerolles.

Du jeudi 14 au samedi 16 septembre : escale à Cannes. Vendredi 15 au matin : conférence de presse au Cannes Yachting Festival, Club VIP de 9h à 10h.

Du dimanche 17 au lundi 18 septembre au soir : escale à Saint-Tropez. Exposition et conférence à la salle Louis-Blanc de 18h30 à 21h le lundi 18 septembre. Visite du bateau au nouveau port, près de la Capitainerie. Projection d’images sur les voiles.

du mardi 19 au mercredi 20 septembre : escale à Villefranche sur Mer. Conférence et expo le 19 septembre à 18h à la Trinquette.

N’hésitez pas à partager ces rendez-vous exceptionnels ou vous pourrez enrichir et échanger vos connaissances sur le milieu marin, prendre part à une recherche scientifique participative pour mieux comprendre les effets des pollutions invisibles et les enjeux des écosystèmes marins.

Suivez l’expédition en direct sur Facebook Expé2M et Twitter d’AM2


Présentation de l’expédition et des travaux de recherche

Vivre au sommet de la chaîne alimentaire a ses avantages, mais présente également un certain nombre d’inconvénients. Les polluants ingérés par des petits animaux se retrouvent concentrés dans l’organisme de leurs prédateurs, et ainsi de suite en remontant la chaîne alimentaire. Le mercure, en particulier sa forme la plus toxique, le méthylmercure, se concentre ainsi dans certains poissons que nous consommons. L’exposition à ce polluant met en danger le système nerveux et le développement fœtal. Nous ignorons cependant aujourd’hui d’où vient le mercure que nous trouvons dans l’océan et comment celui-ci s’est transformé en méthylmercure, sa forme la plus dangereuse.

Pour répondre à ces questions, Lars-Eric Heimbürger, chercheur CNRS à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie, concentre ses recherches en océan Arctique. Ses résultats actuels pourraient aider à mieux comprendre les effets du changement climatique et des changements des émissions par l’Homme sur le cycle du mercure dans les océans.

Les émissions dues aux activités humaines, telles que la combustion de charbon, sont responsables d’une partie du mercure que l’on retrouve dans les eaux du Grand Nord. Cependant, de récentes recherches ont montré que les sources atmosphériques de mercure ne suffisaient pas à expliquer l’ensemble du phénomène. Lars-Eric et ces collaborateurs cherchent aujourd’hui à savoir combien de mercure les fleuves sibériens rejettent dans l’Océan Arctique, en particulier en période de crues printanières. En parallèle il cherche à comprendre où et comment se produit la désastreuse transformation en méthylmercure. L’une des hypothèses indique que des bactéries abyssales connues pour provoquer de tels changements chimiques ingéreraient du mercure avec la neige marine dont elles se nourrissent. Le travail de Lars-Eric pour comprendre ce mécanisme dans les eaux arctiques constituera une pièce de plus dans le puzzle complexe du mercure de l’Arctique et pourrait contribuer à le résoudre.

Le chercheur compte pousser plus loin son travail en identifiant les dynamiques du cycle du mercure à l’occasion de plusieurs voyages sur l’Océan Arctique sur le brise-glace allemand « Polarstern » et le navire océanographique français « Pourquoi Pas? ». Il pourra grâce à ce travail cartographier les niveaux de méthylmercure a travers l’Arctique. Cela lui permettra également de fournir des informations précieuses à l’industrie de la pêche, en l’aidant à identifier les zones les plus saines pour pêcher des poissons. Les résultats de sa recherche pourraient également aider à prédire comment un climat plus chaud, la fonte des banquises, dégel des pergelisols et le développement des algues impacteraient la production bactérienne de méthylmercure. Comprendre ces différents éléments est la seule façon de contrer le risque conséquent que présente la pollution au méthylmercure pour la santé des populations nordiques et notre approvisionnement en nourriture. Les résultats de Lars-Eric laissent espérer que le poisson reste comestible sans danger, réduisant ainsi l’impact humain et économique de cette pollution.